VOYAGES - ARGENTINE - 2ème semaine

Publié le par Cactus

Le parcours:

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elcalafate-20032335.jpgEl Calafate - 20 mars 2010 - 23h45

L'Argentine est le cauchemar des cynophobes: les chiens errants sont nombreux. Il en existe de toutes tailles,toutes races qui se baladent librement dans la ville. Intéressant de noter que les plus gros d'entre eux (dont un doberman et un saint bernard) ont squatté la devanture de la meilleure rôtisserie de la ville. Les petits, les teckels? Il leur reste le fleuriste! Où comment les gros ont toutes les chances de le rester et les petits de ne pas le devenir. Une parabole du capitalisme?








frontierechili210310h32.jpgFrontière chilienne- RN3 - 21 mars 2010 - 10h32

La route pour UshuaIa est la plus pénible de toutes. Départ à 3h du mat de El Calafate, changement de bus à 8h à Rio Gallegos, démarches douanières fastidieuses pour traverser une partie du Chili...





magellan210316h28.jpg Traversée du détroit de Magellan - 21 mars 2010 - 16h28

Traversée du détroit sur un bac, quelques longues heures de route (de chemin faudrait-il préciser),







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RN 3 - 21 mars 2010 - 17h13

Nouveau changement de car à Rio Grande et arrivée à "el culo del mondo" à Ushuaïa à 19h30. Bon, elle est où cette usine de gel douches?










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Ushuaïa - 22 mars 2010 - 10h10 - 10°c

En réalité, cette étape n'était pas prévue. Et puis, les petits voiliers sur les cartes postales, la proximité du Cap Horn, le mythe "bout du monde" ont réveillé quelques envies! Sans regret! C'est froid, sauvage et venteux: presque le Finistère en décembre.




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Canal Beagle - 22 mars 2010 - 17h13

Excursion de 4 heures sur un croiseur de 30 pieds à 10 personnes. Equipage cosmopolite composé de brésilien, allemand, suisse, australiens, français et d'un skipper argentin. Tout ce beau monde s'est retrouvé le soir à l'Irish Pub pour écouter le récit d'un français ayant effectué, suite à un licenciement, une transat Antilles-les Açores en solitaire: les voileux, même au bout du monde, restent des voileux...



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Canal Beagle - 22 mars 2010 - 17h40

A droite pour aller dans l'Océan Pacifique, à gauche pour l'Océan Atlantique. Derrière la fin de la Cordillère, le mythique Cap Horn. "Beagle" était le nom du bateau qui emmena Charles Darwin faire son tour du monde en 1833 (celui qui aimait également regarder les chiens devant les rôtisseries).




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Canal Beagle - 22 mars 2010

Last but not least. Le voilier est au centre de la photo.












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Ushuaia - Restaurant  "Ramos Generales El Almacen" - 23 mars 2010 - 5°c

Rien! Glandouille...En même temps, même les pingouins sont devant la tv par le froid qu'il fait!
Donc, décompte du nombre de secondes dans une minute, profonde introspection (où vais-je, dans quel étagère?), observation du plafond du restaurant (et de temps en temps de Severina, la serveuse),lecture de la presse locale (les manifestations, la chronique des chiens écrasés,...). Houlà! Pour un enjeu régional, ça a un peu dérapé...








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Ushuaïa - Vue de l'auberge "Freestyle backpapers hostel" - 23 mars 2010 - 20h20

"Backpapers" veut dire "routard"...Et pour "freestyle", c'est le concept pour ne pas dire "c'est n'importe quoi, ici!"






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Ushuaïa - 24 mars 2010- 14h15

Pas beaucoup plus actif aujourd'hui. Promenade au port et rêverie devant les croiseurs suréquipés qui viennent de Belgique, de France et qui font halte avant une poursuite probable de leur route par le Cap Horn. Un excellent livre "7 ans autour du soleil" de Nicole van de Kerchove témoigne de ce style de vie.



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Ushuaïa - 24 mars 2010 - 17h02

On redescend sur terre en visitant le Musée de la Marine et en découvrant le nombre de bateaux naufragés dans ce coin (canal Beagle ou Cap Horn). C'est la conjonction des forts courants (près de 8 noeuds, des vents violents et parfois de la glace qui a nécessité pour certains bateaux jusqu'à 7 semaines pour passer le cap.






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Ushuaia - 24 mars 2010

Bon, maintenant, où aller? Le pôle Sud est ce qu'il y a de plus près ou bien Santiago du Chili...

















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Buenos Aires - 25 mars 2010 - 23h23

Retour dans la capitale. Buenos Aires présente sa face sombre à la tombée de la nuit. Dans toute la ville, les poubelles sont éventrées par des groupes de 3-4 adolescents, qui cherchent à gagner quelques sous en faisant du tri sélectif. Sur les avenues principales, le père de famille nettoie le pare-brise tandis que femme et enfants attendent au bord de la route. Au feu rouge, les plus jeunes, âgés de 7-8 ans, espèrent quelques pièces en jonglant devant les voitures...

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Buenos Aires - 26 mars 2010 - 17h42

Bref retour en arrière: 2001.

En 1999, la montée du dollar, auquel le peso argentin était lié depuis 1992, entraîne le ralentissement des exportations (viande bovine, céréales pour l'essentiel). Le pays qui vit déjà au dessus de ses moyens, voit sa minorité de hauts revenus quitter le pays pour être placés dans des banques étrangères. En 2001, les banques, y compris la banque centrale, sont au bord de la banqueroute et l'Etat ne peut plus payer ses fonctionnaires. Sur un système qui s'appuie sur le crédit, le président de l'époque La Rua est contraint d'envoyer des signes d'apaisement aux marchés financiers qui financent la dette: la parité pesos/dollar est suspendue, la monnaie dévaluée et un prêt est consenti par le F.M.I.

Dans la rue, les événements violents contraignent La Rua à quitter en hélicoptère le palais présidentiel.

Depuis cette date, l'Histoire (ou le F.M.I.) étant particulièrement cruelle, le dollar a perdu près de 60%, faisant mécaniquement grimper les intérêts de la dette. Etranglés financièrement, les argentins en ont honoré à peine 10%, tandis que la dévaluation qui a suivie a provoqué compression des salaires et fait basculer des pans entiers de la classe moyenne dans la précarité.

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Buenos Aires - plaza de Mayo - 26 mars 2010 - 10h07

Le pouvoir politique, d'inspiration socialiste, semble gérer comme il le peut le feu qui couve. Le journal français « Le point » relatait cette semaine le mécontentement d'une population qui subit cette année un taux d'inflation de 25% (parfois 100% pour certains produits). Alors que celle-ci semblait maîtrisée avec le couple Kirchner, l'entrée du monde dans la « grande dépression » fait de nouveau basculer l'Argentine. Sur la plaza de Mayo, lieu de regroupement de toutes les contestations où siège l'Elysée local, les barrières restent à demeure. Ca gâche un peu le paysage, mais facilite le maintien de l'ordre inopiné.



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Buenos Aires - quartier Recoleta - 26 mars 2010 - 18h23

Pas mal de construction sont en jachère, visiblement depuis quelques temps.
Et c'est encore pire quand on s'éloigne de la capitale. En remontant vers le nord du pays, il serait plus facile de mettre un panneau sur ce qui n'est pas à vendre ou à louer. L'immobilier commercial ne va guère mieux: de nombreux locaux vides à vendre ou à louer à Ushuaïa.













tags

Buenos Aires - 26 mars 2010

Enfin, tous les bâtiments officiels non ceints sont tagués de messages politiques. Epiphénomène ou mouvement de fond? Aucune idée...
La jeunesse argentine a en tout cas une vision politique bien moins orthodoxe que celle de ses responsables politiques, anciens ou néo-adeptes de la « gouvernance »: »ni liberales, ni marxistas, nacionalistas ». Peut être Fukuyama a-t-il été un peu vite en besogne en prédisant la fin de l'Histoire...

Publié dans VOYAGES

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GAGGINI 23/03/2010 17:52


Toujours en vie, c'est rassurant. Comment est l'habitante ? Bonne continuation en espérant que tu te fasses plaisir...