ECONOMIE - Début du suicide collectif?

Publié le par Cactus

Le 31 août 2009, j'écrivais:

 

 

"Contrairement à ce qui est écrit ici ou là, les banques ne sont pas sorties d'affaire et les faillites vont rapidement reprendre: nous avons juste grimpé un barreau de l'échelle, les Etats (ou leur contribuables) ayant comblé les pertes en nationalisant en partie les plus fragiles d'entre elles...mais tout ça à crédit puisque l'état des comptes publics suffit à peine à rembourser les intérêts de la dette globale existante. Que se passera-t-il une fois que nous serons en haut de l'échelle? "

 

Le scénario se dessine doucement et chaque jour supplémentaire apporte de nouveaux éléments au château de cartes. Nous ne sommes pas en haut de l'échelle mais la solution trouvée parmi les états occidentaux pour éviter d'être celui qui grimpera le dernier barreau tient désormais du suicide collectif, au nom d'une gestion à court terme...en tout cas de quoi tenir jusqu'aux échéances électorales suivantes.

 

La Grèce fait ici office d'élément précurseur dans la liste des états en cessation de paiement ou en devenir: le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la France, le Royaume Uni et les Etats Unis y figurent également et sont de plus en plus assimilés à des "etats voyous". Désormais, tout le monde le sait et les médias ne peuvent plus masquer bien longtemps la marche infernale.

Face aux difficultés grecques à obtenir de l'argent frais pour maintenir son train de vie à crédit, la France apporte en quelque sorte une caution morale. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois...

 En empruntant près de 17 milliards sur les marchés financiers à un taux proche de 1,5% pour prêter à ce pays à un taux de 5% sur 3 ans, on ne peut pas dire que la méthode soit des plus vertueuses. Pour avoir utilisé le même type de schéma financier, Bernard Madoff vit désormais les dernières années de sa vie derrière les barreaux d'une prison. Pas question ici d'emprisonner un état, mais il convient de s'interroger sur la suite logique.

 

Si l'on observe le graphique suivant, il est aisé de comprendre que le défaut de paiement de l'un va rapidement entraîner l'effondrement de ce qui n'est plus qu'une pyramide de Ponzi: comme les épargnants floués de Madoff, la France a très peu de chance de retrouver les milliards prêtés aux uns et aux autres.

 

1835_030709.jpg

 

Si la Grèce est maintenant temporairement sauvée par les fonds européens et le FMI, qu'en sera-t-il lorsqu'un pays de la taille du Royaume Uni ou de la France chutera? Ne nous y trompons pas, les réserves de ce fonds de secours sont insuffisantes pour combler les gouffres qui se creusent.

Pour reprendre les propos de LEAP 2020,

 

"Le bruit fait autour de la Grèce par les médias, anglais et américains en particulier, aura tenté de cacher à la plupart des acteurs économiques, financiers et politiques le fait que le problème grec n'était pas le signe d'une prochaine crise de la zone Euro (2), mais en fait un indice avancé du prochain grand choc de la crise systémique globale,à savoir la collision entre, d'une part, la virtualité des économies britannique et américaine fondées sur un endettement public et privé insoutenable et, d'autre part, le double mur de la maturité des emprunts venant à échéance à partir de 2011 cumulée à la pénurie globale de fonds disponibles pour se refinancer à bon marché"

 

14615 022219

 

Les Etats Unis et le Royaume Uni contrôlent les fameuses agences de notation qui font la pluie et le beau temps sur les marchés des dettes. Ces deux pays ont cherché à gagner du temps en provoquant la chute des états européens, selon un scénario identique à celui qui avait provoqué celle du Japon dans les années 90. Mais il ne fait plus guère de doute que l'avenir du dollar comme monnaie de réserve est et reste compromis. Et s'agissant du Royaume Uni, le réveil après les élections du 6 mai 2010 risque d'être douloureux.

 

 

La courbe de l'euro ne nous dit pas grand chose d'autre: si l'euro a beaucoup perdu ces derniers mois (passant de 1.512 à 1.30), il devrait logiquement rebondir à l'approche de la droite de tendance en gras, donc dans les jours ou semaines à venir.

 

euro.JPG

 

 

Lequel de l'euro ou du dollar disparaitra en premier? Difficile à dire pour le moment, mais les termes de "gouvernement mondial" recouvrent bien cette finalité: remplacer le dollar par un panier de devises et interdire aux USA de faire marcher la planche à billets pour financer une croissance de plus en plus artificielle. Tant que ce projet n'aura pas abouti, l'or a toute les chances de progresser, même si des replis sont envisageables à court ou moyen terme. 

 

Sur le long terme, suivre l'or paraît toujours être une solution sage: le bateau suit son cap malgré des ventes massives d'or physique destinées à ne pas semer la panique: 1282€ est mon objectif court terme.

 

 

or

Publié dans ECONOMIE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article