ECONOMIE - Un verre à moitié plein ou à moitié vide

Publié le par Cactus

 

Au détour d'une conversation, cet échange entre plusieurs personnes discutant de la crise économique au café du coin: « On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein selon l'option plus ou moins optimiste que l'on a de la vie ». Ce à quoi il fut répondu « Si ma tasse de café est complètement vide, la question ne se pose plus vraiment... « 

Avoir une analyse contrarienne était aisé il y a encore quelques années: le lecture de synthèses économiques ou l'étude des courbes permettait d'anticiper le ralentissement qui a débuté en 2008.

Aujourd'hui, le consensus autour des difficultés actuelles rend plus délicat l'exercice: désormais, le débat se cristallise sur l'impact psychologique du mot « rigueur ».

La sémantique s'est désormais substituée au courage politique qui devrait prévaloir en cette situation exceptionnelle: on ne peut attendre de responsables locaux ou nationaux qu'ils trouvent une solution à un problème qu'ils n'ont pas su déceler (ou plutot pas voulu rendre public).

Si, sur le plan collectif, il est assez peu probable qu'un deus ex machina ait une idée de génie pour endiguer un mouvement de foule aussi puissant (considéré par l'auteur comme déflationniste), on peut réfléchir à titre individuel sur les opportunités qui ne manqueront pas de surgir dans les années à venir...quand le mot « dépression » sera entré dans les conversations.

  

L'étude des graphiques américains est à privilégier parce qu'elle peut etre corroborée par un nombre d'indices plus importants: le Dow Jones qui regroupe les 30 principales valeurs boursières américaines, le Standard and poor's qui en regroupe 500, le Russell qui en regroupe 2000, le Wilshire qui en regroupe 5000. En France, l'existence d'un seul indice principal regroupant les 40 principales valeurs rend toute étude sérieuse sujette à caution.

Bref, peu importe, d'autant qu'ils sont tous corrélés! Chinoise, australienne, allemande ou russe, toutes les figures graphiques de ces valeurs boursières se ressemblent étrangement.

Celles-ci, agrégats de décisions individuelles qui finissent par devenir des comportements de foule, reflètent d'une manière ou d'une autre l'état économique mondial et ont l'avantage d'intégrer sur le long terme toutes les rumeurs, informations, nouvelles socio, micro, macroéconomiques et géopolitiques, qu'il s'agisse des anticipations sur le prix du pétrole, de l'or, des obligations d'Etat ou des risques d'attaque de l'Iran par les Etats Unis.

Que nous disent donc ces indices? A peu près la meme chose que ce qui ressort des discussions de comptoir, à savoir que certains pensent que le verre est à moitié plein, d'autres qu'il est à moitié vide...à moins qu'il ne soit carrément vide et que nous ne nous en soyons pas encore rendus compte.

 

Les plans de relance décidés par les économies occidentales ont rempli leur office en ré-amorçant temporairement la machine, comme Roosevelt l'avait fait à son époque en 1935.

En anticipant un peu sur les conclusions d'un prochain billet que je rédigerai sur l'impact de ce type de relance, dit keynésien, sur des mouvement de déflation tels que celui vécu en 1929, il ne faut pas etre grand clerc pour comprendre que les dépenses massives des Etats ont eu un effet minime sur le marché de l'emploi. Sur le graphique ci-dessous, qui présente le taux de chomage américain, la courbe bleue est l'officielle, la rouge (intégrant les personnes sous employées au regard de leur qualification, stages, formations bidons, etc...), est l'officieuse. Le différentiel est le meme en France: un chomage supéreur à 10%? Pas possible...

 

  

EMPLOI.jpg

  

A court terme, l'indice DJ30 présente un biseau ascendant qui accroit la probabilité d'une sortie par le bas. C'est assez peu important, si l'on tient compte du fait qu'il passerait de 10800 à 10000 points.Il est possible à court terme qu'il y ait encore assez de fuel pour monter plus haut, mais il sera alors temps de changer le fusil d'épaule et ce n'est, encore une fois, qu'accessoire dans la vision long terme qui me préoccupe.

 

djct.jpg

 

 

 A moyen et long terme, ça le devient beaucoup plus parce ce mouvement de 10800 à 10000 dessinerait le dernier trait d'une figure graphique chartiste bien connue: l'EPAULE-TETE-EPAULE.

Sa valeur prédictive est importante, d'autant que des images similaires avaient déjà été repérées en octobre 2008, peu avant le krach. C'est la hauteur de la TETE, en nombre de points, qui permet de mesurer le niveau qu'est susceptible d'atteindre l'indice, une fois franchie la ligne de COU.

Si l'on considère que celle-ci est à 9800 points environ et le sommet de la TETE est à 11200, cela fait un différentiel de 1400 points qui, une fois reporté vers le bas, nous donne un objectif de 8400.

 

 

djmt 

 

 

 Sur le long terme, cet objectif de 8400 est encore inquiétant parce qu'il dessine une nouvelle figure EPAULE-TETE-EPAULE bien plus importante, dont l'origine remonte à 1998. Son objectif? Entre 1000 et 2000 points, soit pas loin de 90% de baisse depuis les plus hauts actuels. Je ne me risquerai pas à un horizon de temps mais me contente d'observer que cette fois, les nuages noirs sont vraiment proches.

N'y pensons plus! J'ai du me tromper quelque part...

 

djlt.jpg

 

 

L'or ne s'est pas comporté comme prévu. Sa valeur hautement symbolique et psychologique fait l'objet d'une attention soutenue. Une brusque hausse serait le signal que les planificateurs ont perdu le contrôle de la situation. Aussi est-il probable que les cours fassent l'objet de manipulations. De toutes façons, seule compte l'analyse de la courbe, aussi ce genre de commentaire n'est-il pas important.

Aucun signe tangible ne vient démentir le biais haussier.

A court terme, 1282 dollars pourrait ne pas etre atteint aussi rapidement que prévu. Une pause est possible et tant que la valeur ne sort pas du canal bleu, pas d'inquiétude. Depuis début mai, la volatilité a baissé et un biseau ascendant s'est clairement dessiné. Un retour sur la zone des 1100 n'est pas à exclure.

 

1100.jpg

 

 

Sur l'EUR/USD, le sursaut s'est opéré comme anticipé, meme si la ligne de rebond indiquée dans mon billet du 4 mai 2010 n'a pas tenue. Le bras de fer entre européens et américains est incertain (il dure depuis plus de 20 ans, alors...). Un retour sur une parité à 1,40 à l'horizon début 2011 serait logique.

 

eurusd.jpg

 

 

Publié dans ECONOMIE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article