ECONOMIE - Petit exercice d'autocritique
Le 31 août 2009, mû par une prémonition, j'envoyais par courriel à mes proches le message qui suit. Presque 6 mois plus tard, force est de constater que se hasarder à une prévision n'est pas un exercice facile puisque le scénario décrit ne s'est pas déroulé comme indiqué.
Pourtant, si le timing n'est pas bon, je reste persuadé que l'analyse initiale reste valide et que rien n'a changé. Fort de ce contretemps, j'en ai donc profité pour pousser plus en avant l'analyse et compte cette fois rentrer un peu plus dans le détail...dans les jours ou les semaines à venir.
Le message:
"
Avec le mois de septembre qui débute demain, nous entrons dans une période à hauts risques sur les marchés financiers...voire à très hauts risques.
Depuis le mois de mars, les marchés ont récupéré près de 50% de leur perte. Certes. Et maintenant, what else?
Maintenant, nous entrons dans une zone trouble où tout peut arriver et à n'importe quel moment, même si la période entre le 22 septembre et début octobre est la plus à suivre (oui, là, j'ai conscience que la précision donne l'impression que je sors ça d'une boule de cristal, mais ce n'est pas le cas).
Je ne parlerai qu'en terme de probabilité:
Les probabilités sont extrêmement fortes que les marchés chutent de nouveau lourdement et je ne serais pas étonné qu'ils le fassent désormais tranquillement pendant 1 à 2 ans. L'objectif final ne peut être déterminé avec certitude à l'heure où j'écris mais pourra l'être plus précisément d'ici quelques mois. Disons qu'il existe une probabilité non négligeable, au regard d'une figure chartiste bien connue, que cet objectif soit proche de..."0". Ca peut paraître incroyable mais la démonstration serait aisée à faire dès lors que le signal sera définitivement validé.
Que cela signifie-t-il concrètement? Je n'en sais rien pas plus que je ne pouvais traduire dans la vie quotidienne la chute d'octobre 2008 mais il est probable (jamais de certitude) que cela modifie substantiellement le régime politique de nombreux pays occidentaux.
Tout comme octobre 2008 a relancé les politiques de planification ( une commission de technocrates décidant des orientations à donner au futur Grand Emprunt, projet que ne renierait pas Staline), la prochaine vague de baisse pourrait conduire a minima à une dévaluation de la monnaie. A maxima ? ....
Selon les mêmes probabilités qui me font penser que les mois à venir vont voir la volatilité faire son retour, l'or pourrait confirmer que les convictions dans les monnaies fiduciaires deviennent de plus en plus fragiles: un décollage de l'once d'or ne me surprendrait pas. Un premier objectif à 1300 dollars l'once serait raisonnable, surtout si les 1000 dollars étaient à nouveau franchis au cours des mois à venir. Corrélativement, les taux d'intérêt partiraient à la hausse ce qui confirmerait les inquiétudes qu'ont les marchés dans la course folle à la dépense, à laquelle se sont livrés les USA et dans une moindre mesure l'Europe.
Contrairement à ce qui est écrit ici ou là, les banques ne sont pas sorties d'affaire et les faillites vont rapidement reprendre: nous avons juste grimpé un barreau de l'échelle, les Etats (ou leur contribuables) ayant comblé les pertes en nationalisant en partie les plus fragiles d'entre elles...mais tout ça à crédit puisque l'état des comptes publics suffit à peine à rembourser les intérêts de la dette globale existante. Que se passera-t-il une fois que nous serons en haut de l'échelle?
Bref, maintenant que les banques sont sous perfusion, il reste à savoir qui mettra les Etats sous perfusion une fois que la facture va être présentée. Le FMI? Oui, à la marge, mais la modification des Droits de Tirage Spéciaux, décidée au dernier G20, pose les bases des nouveaux bénéficiaires prioritaires.
Si le mot "subprime" est désormais entré dans le langage commun, il convient de savoir que seule la moitié des pertes à été digérée. Désormais, la vague des "prêts à taux variables" entre dans sa phase de remboursement par les banques (lesquelles, il faut le rappeler ont prêté près de 500 fois ce qu'elle avaient en fond propre...Inutile de décrire la panique si tout le monde veut récupérer ses billes en même temps!). Certes, les subprimes ne concernaient que les USA et les "option adjustable rate" qui nous attendent devraient en faire de même, mais dans ce cas, peut-on m'expliquer pourquoi les commerces de Toulon sont pratiquement tous en train de fermer tandis que la ville de Grigny ne parvient pas à boucler son budget et doit désormais être gérée par le préfet?
(Un lien vers un article du Monde du 30/08/09 figurait à cet endroit)
Bref, je réitère mon conseil visant à détenir l'équivalent de 2 à 3 mois de salaire en liquide à portée de main et non en banque en cas de panique générale: ce conseil n'implique aucun risque, comme pourrait l'être celui d'acheter des pièces d'or. Là non plus, je ne serai pas étonné d'une décision ("citoyenne" évidemment) d'interdiction de détention de pièces d'or. Privilégiez les livrets A aux assurances vies...et bien sûr, éloignez vous de toute forme d'action ayant un quelconque lien avec la bourse (dans un marché baissier, tout baisse, dans un marché haussier, tout monte).
Dans les probabilités, il y a toujours des chances que la plus faible se réalise avant la plus forte...mais si la question n'est plus "si", elle est dorénavant "quand?".
NB: L'or peut très bien également partir violemment à la baisse: en dessous d'un certain seuil, ça n'invaliderait pas l'objectif annoncé, mais le retarderait.
Il est également possible qu'il n'y ait jamais de panique dans aucune banque. Nous pourrions ainsi expérimenter une forte dévaluation ou une entrée dans une phase d'hyperinflation ( et la peste serait privilégiée au choléra....)"
Enfin, je m'interroge sur l'arrivée fort opportune de cette épidémie de grippe dans cette fameuse période: sans tomber dans la paranoïa, je trouve surprenant la prévenance presque exagérée (et accessoirement rémunératrice) des Etats à l'échelle mondiale.
On se souvient qu'en octobre 2008, les médias n'avaient parlé que de la chute des bourses pour cause d'indigence d'actualité. Gageons qu'en octobre 2009, la fermeture des écoles ne nous donnera pas le loisir d'être distrait par une éventuelle rechute.
Fin du message du 31 août 2009...Et maintenant?
Fin du message du 31 août 2009...Et maintenant?
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